Les détecteurs de fumée obligatoires

La loi rendant obligatoire l’installation, à partir de 2015, d’au moins un détecteur de fumée dans chaque logement, à la charge de son occupant, qu’il soit propriétaire ou locataire, a été publiée au Journal Officiel. Cette loi, présentée en 2005 à la suite d’une série d’incendies meurtriers, avait finalement été adoptée le 25 février dernier après cinq ans d’un parcours parlementaire chaotique.

Elle prévoit l’installation obligatoire d’un détecteur avertisseur autonome de fumées (DAAF), à la charge de l’occupant du logement. Chaque occupant dispose d’un délai de cinq ans à compter de la promulgation de la loi. L’occupant du logement devra veiller à l’entretien et au bon fonctionnement de l’appareil.

Pour les locations saisonnières, les logements meublés, les logements de fonction et les foyers, l’installation et l’entretien du détecteur de fumée incomberont au propriétaire.
L’Agence nationale d’information sur le logement (Anil) indique, dans une note, qu’un décret en Conseil d’Etat précisera dans quelles conditions les propriétaires devront mettre en oeuvre les mesures de sécurité « dans les parties communes des immeubles pour prévenir le risque d’incendie ».

Le nombre d’incendies a doublé en France au cours des 20 dernières années avec un incendie toutes les deux minutes, plus de 10.000 blessés et 800 morts par an, dont 80 à 90% dans des feux d’habitation.

La vidéosurveillance investit la ville de Paris à Nice

Caméra à Paris.
Caméra à Paris. Crédits photo : AFP

En un an, les caméras tripleront en France. Une technologie qui séduit aussi à gauche.

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«Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez pas à avoir peur d’être filmé.» Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, croit plus que jamais aux vertus de la «vidéoprotection». Car il est de bon ton de ne plus parler de vidéosurveillance, expression trop anxiogène, aux dires des communicants. La loi d’orientation pour la sécurité, dite Lopsi 2, qui sera votée solennellement ce mardi à l’Assemblée, doit officialiser ce subtil glissement sémantique, ouvrant la voie à un plan d’installation de caméras sans précédent, puisque leur nombre sur la voie publique doit tripler en un an, de 20.000 à 60.000.

Paris, avec son plan «1.000 caméras», va rattraper son retard par rapport à Lyon, premier grand fief socialiste à avoir misé sur cette technologie. Entre Saône et Rhône, en janvier dernier, la police a enregistré la plus importante baisse de la délinquance pour une métropole régionale : – 18% de crimes et délits en un mois ! La cité des Gaules compte étendre son réseau en 2010, en équipant notamment le centre d’échange de la gare de Perrache.

Une fois passées les premières appréhensions sur les risques d’une dérive à la Big Brother, des centaines de villes, grandes ou petites, de gauche comme de droite, ont donc misé sur les caméras. Et elles investissent parfois lourdement pour se mettre à niveau, à raison de 10.000 à 30.000 euros par appareil de vidéo surveillance installé. L’État, pour sa part, aidera cette année en priorité 75 communes, à hauteur de 21 millions d’euros.

À Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, le maire UMP Christian Dupuy s’est fait l’apôtre d’un usage raisonné de cet outil. «La caméra n’est pas une fin en soi», rappelle cet avocat de formation. Il reconnaît néanmoins que cette technologie, mise en place depuis peu dans sa commune, a déjà contribué à améliorer la réactivité des forces de l’ordre, notamment en matière de flagrant délit. Même constat d’efficacité à Ermont (Val-d’Oise) et dans ses communes limitrophes, où les caméras de la communauté d’agglomération ont permis de détecter en neuf mois pas moins de 500 faits de trafic ou d’usage de drogue, de rodéos dans des voitures volées ou de dégradation.

Élève exemplaire

Dans cette course à la performance, Nice fait figure de championne. Le 8 mars prochain, son maire, l’UMP Christian Estrosi, par ailleurs ministre de l’Industrie, disposera du système vidéo le plus moderne de France. Avec un mur d’écrans capable d’afficher les images recueillies par 624 caméras, au lieu de 300 actuellement. Des caméras pas plus grosses qu’un demi-pamplemousse et que l’on pilote à distance, sur 360°, de la baie des Anges au quartier chaud de l’Ariane.

Ce qui fait l’attrait de ce système reste invisible. Ce sont ses logiciels. Car l’intelligence artificielle est devenue la clé. L’ordinateur va débusquer le suspect, par analogie avec des mouvements prédéfinis. Qu’une personne esquisse un mouvement brusque devant une vitrine, qu’elle remonte une file à contresens, et l’image aussitôt s’affichera à l’écran. À l’opérateur de s’assurer ensuite qu’il ne s’agit pas d’un malfrat en plein casse ou d’une victime tentant d’échapper à ses poursuivants.

Christian Estrosi se veut rassurant. Il n’aspire nullement, dit-il, à devenir le «shérif» de sa ville. L’État, selon lui, doit garder la main. Il est d’ailleurs omniprésent dans ses équipes. Son 1er adjoint chargé de la sécurité est l’ancien commandant de groupement de la gendarmerie des Alpes-Maritimes, son chef de police municipale, un commissaire de police féminin, lui-même secondé par un commandant issu de la police aux frontières. Une convention signée avec la mairie donne même au préfet de département l’autorité fonctionnelle sur la police municipale et ses cinq cents agents, lors des grosses opérations de sécurité publique.

Nice, élève exemplaire des nouvelles orientations sécuritaires du gouvernement ? Les Niçois, en tout cas, ont plébiscité la vidéosurveillance, qui a permis d’arrêter récemment l’auteur d’une alerte à la bombe contre la cathédrale de ville, mais aussi de retrouver nombre d’enfants perdus. «Il n’y a pas que la répression, relève Christian Estrosi. Outre leurs vertus dissuasives, les caméras nous aident à mieux gérer le trafic routier, les secours, les grands rassemblements populaires…» Elles sont devenues un outil indispensable à la gestion de l’urgence.

via Lefigaro

Vandalisme à Nice: Une mise en examen grace à la vidéo surveillance

Un jeune homme de vingt ans, suspecté d’avoir participé à des actions de vandalisme dans plusieurs trains en gare de Nice en janvier, a été mis en examen aujourd’hui pour « dégradations en réunion », a-t-on appris de source judiciaire.
Il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Dans la nuit du 23 au 24 janvier, un groupe de jeunes gens avait saccagé des dizaines de voitures de TER, de TGV, ou de grandes lignes à l’arrêt en gare de Nice ainsi que plusieurs véhicules stationnés à proximité de la gare.

Le préjudice sur les trains a été évalué par la SNCF à plus 500.000 euros.
Les enquêteurs avaient identifié le jeune homme peu après les faits grâce à une enquête de terrain et à une bande-vidéo prise par les caméras de surveillance. Sa photo avait été diffusée aux services de police.

Originaire de la région parisienne, il vivait depuis six mois à Nice, où il a été interpellé mercredi dernier.

Au total, 15 voitures de TER et 20 voitures de TGV ou de trains grandes lignes avaient été vandalisées. 152 baies vitrées avaient été brisées, en plus de dégradations diverses à l’intérieur des trains, comme des extincteurs vidés.