Au Japon, les téléphones peuvent désormais surveiller le travail des employés

Le téléphone portable, futur outil de surveillance des employeurs ? Au Japon, le centre de recherche et de développement de KDDI Corporation a mis au point une technologie permettant d’analyser les actions à distance, en s’appuyant sur les capteurs d’accélération.

Il ne sera bientôt plus possible de bayer aux corneilles sur le lieu de travail. Et cela, à cause du téléphone portable. En effet, le centre de recherche et de développement de KDDI Corporation, l’une des principales sociétés de télécommunication au Japon, a mis au point une technologie qui permet de détecter et d’analyser les actions et les mouvements à distance, en utilisant les données récoltées par les capteurs d’accélération embarqués dans les téléphones portables.

Selon le communiqué de presse (.pdf) de KDDI R&D Laboratory, cette technologie « va permettre une surveillance centrale des employés, même s’ils sont dispersés dans plusieurs endroits différents« . Une technologie qui permettra d’optimiser le travail de chaque employé et d’améliorer la productivité ? Sans doute. Mais tous ne partagent pas cet avis. Asiajin, qui rapporte cette actualité, note cependant qu’un tel système est surtout la mise en place d’une surveillance omniprésente soutenue par la technologie. Et la dérive orwellienne semble alors inévitable.

Jusqu’à présent, des fonctionnalités similaires existaients, mais elles étaient assez limitées. En effet, elles ne pouvaient capter que des mouvements assez répétitifs et linéaires. Ainsi, la course à pieds peut être enregistrée grâce à une application de type podomètre.

Cependant, KDDI R&D Laboratory associe les données recueillies avec une analyse côté serveur. Dès lors, il est possible de deviner des comportements plus complexes. Et plus chaque tache est réalisée, plus l’appareil devient précis.

via Numerama

La CNIL prend position sur la video surveillance

A la suite de la décision du Conseil constitutionnel invalidant l’article 5 de la loi renforçant la lutte contre les violences de groupes, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) rappelle, dans un avis publié le 26 février 2010, sa position concernant le régime juridique de la vidéosurveillance.

L’article 5 de la loi prévoyait la possibilité de transmettre en temps réel aux services de police et de gendarmerie nationales, ainsi qu’à la police municipale, des images saisies par des caméras installées dans les immeubles d’habitation. Le Conseil a jugé cet article contraire à la Constitution, estimant que la loi ne comportait pas les garanties nécessaires à la protection de la vie privée des personnes qui résident ou se rendent dans ces immeubles. S’estimant « confortée » par cette décision, la CNIL rappelle que l’utilisation d’un tel dispositif dans des lieux privés (cages d’escaliers, halls, ascenseurs, etc.) relève de la loi du 6 janvier 1978 et doit donc être placée sous son contrôle. Elle réitère son souhait de voir le régime juridique de la vidéosurveillance harmonisé, « de façon à assurer un contrôle véritablement indépendant de ces dispositifs ». En effet, deux lois s’appliquent aujourd’hui (loi du 6 janvier 1978 ou loi du 21 janvier 1995), selon le lieu d’installation (lieux privés ou publics) et l’utilisation faite des images captées (enregistrement ou non).

Dans un communiqué publié le 26 février, le gouvernement « prend note » des décisions du Conseil constitutionnel et annonce que cet article « fera l’objet d’un travail de réécriture » avant d’être à nouveau discuté par le Parlement.  lors de l’examen par le Sénat du projet de loi sur l’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI).

Communiqué de la CNIL (26 février 2010), Commission nationale de l’Informatique et des libertés (Cnil) http://www.cnil.fr/la-cnil/actu-cnil/article/article/12/videosurveillance-des-garanties-insuffisantes-de-protection-de-la-vie-privee-conduisent-le-conse-1/

Communiqué de presse commun du ministre de la justice et des libertés, du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales et du secrétaire d’Etat à la justice (26 février 2010), Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/securite-interieure/loi-lutte-violences-bandes/sections/a_la_une/toute_l_actualite/securite-interieure/validation-cc-articles-securite

Décision du Conseil constitutionnel du 25 février 2010 sur la loi renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public (25 février 2010), Conseil constitutionnel http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/toute_l_actualite/securite-interieure/loi-lutte-violences-bandes/sections/a_la_une/toute_l_actualite/securite-interieure/validation-cc-articles-securite

Proposition de loi renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public, Assemblée nationale http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propositions/pion1641.pdf

Les dispositifs de vidéosurveillance, Fiches pratiques – Commission nationale de l’Informatique et des libertés (Cnil) http://www.cnil.fr/dossiers/identite-numerique/fiches-pratiques/article/287/les-dispositifs-de-videosurveillance/

Voir aussi

Loi du 2 mars 2010 renforçant la lutte contre les violences de groupes et la protection des personnes chargées d’une mission de service public

Scanners corporels : les recommandations de la CNIL