A la fin de l’année 2007, le nombre de caméras autorisées s’élevait à 396.000, dont 20.000 sur la voie publique. En pratique, ce ne peut pas être le chiffre exact. La faute à une procédure complexe et une absence de contrôle a posteriori, selon un rapport sur la vidéosurveillance de deux sénateurs Jean-Patrick Courtois (UMP) et Charles Gautier (PS), rendu public mercredi. Pour eux, il y a urgence à se saisir du problème car les demandes sont en augmentation et le marché estimé à 750 millions d’euros en France va fortement progresser: «Les sollicitations auprès de la Cnil qui ne gère qu’une partie des demandes ont été multipliées par trois en 2006 et par quatre en 2007.»
Pour mieux encadrer ces demandes réparties donc entre plusieurs organismes aujourd’hui selon la zone géographique couverte ou le matériel utilisé et moderniser «un environnement législatif obsolète», le rapport préconise «de réunir sous une seule autorité, à savoir la Cnil, les compétences d’autorisation et de contrôle». Pour cela, et les deux sénateurs en sont conscients même s’ils ne disposent pas de chiffrage précis, il faudra donner les moyens nécessaires à la Cnil pour mener à bien ces nouvelles missions.
Mieux informer le public
A l’heure actuelle, ces demandes concernent des commerçants, de plus en plus de restaurateurs pour surveiller leur terrasse, les syndicats de conducteurs dans les transports en commun, les pouvoirs publics… Et déjà se profilent à un horizon proche, toutes les nouvelles techniques biométriques.Jean-Patrick Courtois et Charles Gautier rappellent l’importance de définir un objectif précis avant de poser des caméras de vidéosurveillance. Le rapport note que «la technique de la vidéo surveillance a été abusivement perçu comme un instrument efficace de prévention». «En matière de répression, on sait que les caméras permettent d’élucider des affaires, expliquent-ils. Mais il faut être beaucoup plus prudent en ce qui concerne la prévention. D’autant qu’aucune étude n’a été réalisée sur cette question.»Le rapport qui sera prochainement remis au ministère de l’Intérieur, propose enfin de mieux informer le public et les autorités sur les zones placées sous vidéo surveillance. via 20 minutes