Surveillance humaine : éthique, technologies et juste prix

Guirchaume Abitbol

Mr Guirchaume Abitbol

Alarmes, Protection, Sécurité : Votre société propose aux entreprises de sécurité privée des solutions communicantes pour les agents. En quoi se différencient-elles de l’offre de vos concurrents ?
Guirchaume Abitbol :
« Notre solution GuardTek Active Guard propose sur un seul et même appareil un système de protection du travailleur isolé (PTI), un téléphone et un contrôle de ronde grâce à un lecteur RFID.. Le marché de la sécurité privée en France et, plus particulièrement, de la surveillance humaine, est un marché à deux vitesses. Il y a, d’une part, ceux pour lesquels la guerre des prix est une obsession. Certains facturent les prestations de leurs agents à 11,50 euros de l’heure, contre 40 euros dans les pays scandinaves ! C’est en-dessous du coût salarial… Et, d’autre part, ceux qui ont compris que le prix ne pouvait être l’alpha et l’oméga d’une stratégie commerciale. Ils cherchent donc à proposer des services. C’est dans cette optique que se positionne notre offre : apporter du service aux prestataires et aux utilisateurs finaux. Il faut leur donner à voir de l’info, en remonter ».

APS : Vous évoquiez il y a quelques instants la guerre des prix. Que faut-il faire pour en sortir ?
Guirchaume Abitbol :
« En France, c’est l’anarchie en termes de prix. Chez certains les marges sont proches de zéro. Les pouvoirs publics doivent impérativement travailler sur la professionnalisation de la profession. Les marchés publics doivent donner l’exemple. C’est loin d’être le cas alors qu’aux Etats-Unis les meilleurs marchés sont ceux du public ».

APS : Comment expliquez-vous cette différence ?
Guirchaume Abitbol :
« Le marché, même s’il est très concurrentiel, est très sensible à la notion de retour sur investissement. Il est assez aisé de convaincre les pouvoirs publics d’investir dans la technologie à partir du moment où on a su leur démontrer que cela allait leur rapporter de l’argent. C’est aussi vrai pour les sociétés privées. De plus, le processus de décision est trop long en France. Il faudrait parvenir à des délais proches de ceux que nous rencontrons dans les PME où les décisions se prennent beaucoup plus vite ».

APS : Les professionnels de la sécurité dénoncent souvent l’inertie des pouvoirs publics en matière d’assainissement de la surveillance humaine. Sont-ils les seuls acteurs à sensibiliser ?
Guirchaume Abitbol :
« Non, évidemment. Les clients doivent aussi jouer le jeu, être plus exigeants. Il faut qu’ils veillent à ce que soient appliqués les métiers repères. Ils doivent exiger une réelle prestation de service. Beaucoup se contentent du minimum sous couvert de rentabilité et de réduction des budgets. Avec de tels raisonnements, on voit des agents dormir sur site parce qu’ils sont mal ou peu payés. Ils ont alors deux professions… On peut difficilement être efficace dans ce cas. Les prestataires de services doivent aussi réfléchir aux moyens les plus appropriés pour faciliter la gestion des équipes et des missions. Chez Alpha System nous investissons énormément en R&D pour faire de nos solutions des outils communicants en ligne et simples à prendre en main . Cette simplicité, cette ergonomie est importante car la surveillance humaine est un métier où il y a beaucoup de turn-over. Fournir aux agents une solution trop complexe à utiliser, qu’ils n’ont pas toujours le temps de bien prendre en main, c’est accroître les risques d’erreurs et de mauvaise application des consignes. En outre, comme je le disais tout à l’heure, il faut que le client – prestataire de service ou utilisateur final – puisse avoir une vision permanente sur les prestations assurées sur site et leur qualité. C’est ce que permet notre solution Active Guard grâce à son accessibilité via Internet ».

 par Expert du Risque

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *